Comment choisir un psy pour son enfant ou son adolescent ? 7 repères pour faire son choix
Par Sophie Levesque, psychopraticienne spécialisée en thérapie d’enfants & adolescents — Cabinet de psychothérapie Enfants et Adolescents – Sophie Levesque Lyon 4 Croix-Rousse
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Quand un enfant ou un adolescent ne va pas bien, choisir un professionnel pour l’accompagner est souvent une étape délicate pour les parents.
Je le vois, le plus souvent, les parents se tournent vers leurs proches pour demander des contacts ou vers Internet ou des outils d’intelligence artificielle mais psychologue, psychothérapeute, psychiatre, psychanalyste… Les appellations sont nombreuses et il n’est pas toujours facile de savoir vers qui se tourner.
À cela s’ajoute une question essentielle : comment savoir si le professionnel choisi conviendra réellement à son enfant ou à son adolescent ?
Il n’existe pas de réponse unique. Le choix dépend à la fois de la situation de l’enfant, de ses besoins, de son âge, mais aussi de la rencontre qui va se créer avec le professionnel.
C’est pourquoi il me paraissait important de consacrer un article à cette question et de vous proposer, à vous parents, 7 repères pour faire ce choix plus sereinement et de manière éclairée :
Identifier ce qui vous amène à consulter
Quel professionnel choisir : psychologue, psychiatre, psychopraticien ?
Verifier que le professionnel a l’habitude de travailler avec les enfants et les adolescents
S’intéresser à l’approche du professionnel
La relation compte autant que la méthode
Quelle place est accordée aux parents ?
Ecouter votre ressenti de patients
Vous trouverez également dans mon FAQ les réponses à de nombreuses questions que se posent les parents avant une consultation et dans leur recherche de professionnel.
Cet article est d’autant plus important pour moi que cette première étape est précieuse et marque l’entrée dans une démarche, importante, riche où la confiance et le professionnalisme sont deux piliers essentiels.
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1) Commencer par identifier ce qui vous amène à consulter
Avant même de choisir un professionnel, il peut être utile de prendre un peu de temps pour observer ce qui vous préoccupe.
Votre enfant est-il particulièrement anxieux ? A-t-il du mal à se séparer de vous ? Ses émotions semblent-elles difficiles à contenir ? A-t-il perdu confiance en lui ? Ses relations avec les autres sont-elles devenues compliquées ?
Les raisons qui peuvent amener les parents à prendre rendez-vous pour leurs enfants sont nombreuses et c’est pourquoi j’ai dédié une page spécifique sur mon site Internet : « Pourquoi amener son enfant en thérapie », n’hésitez pas à vous y rendre !
Chez l’adolescent, les manifestations peuvent être différentes : refus ou difficultés scolaires, isolement, conflits répétés à la maison, perte de motivation, anxiété, difficultés relationnelles, changement important dans le comportement…
Parfois, les parents ne parviennent pas à mettre précisément des mots sur ce qui se passe. Ils constatent simplement que « ce n’est plus comme avant » et souhaitent aider leur enfant.
Une rencontre avec un professionnel peut permettre de mieux comprendre ce que traverse l’enfant et de réfléchir aux ressources qui pourraient l’aider.
2) Quel professionnel choisir : psychologue, psychiatre, psychopraticien ?
Choisir un professionnel de la santé mentale n’est pas aujourd’hui une mince affaire … Entre spécialités, disponibilité et proximité, comment choisir ?
Pour commencer, ils n’ont pas tous le même rôle et la même formation.
Le psychiatre ou le pédopsychiatre est un médecin spécialisé en psychiatrie. Il peut poser un diagnostic médical, et proposer un traitement médicamenteux lorsque cela est nécessaire et assurer un suivi psychothérapeutique.
Le psychologue est un professionnel formé à la psychologie. Selon sa formation et son orientation, il peut proposer différents types d’accompagnement et de psychothérapies. Au contact des enfants, on trouve également des neuropsychologues, dont la pratique est notamment centrée sur l’évaluation du fonctionnement cognitif et, selon leur formation et leur cadre d’exercice, sur l’accompagnement de certaines difficultés neurodéveloppementales (TDAH, TDA, HPI, etc.).
Le psychopraticien ou le psychothérapeute est un professionnel qui exerce la psychothérapie. Ce qui les différencie ? Le titre de psychothérapeute est réglementé, contrairement à celui de psychopraticien. Les parcours de formation peuvent donc être très différents d’un professionnel à l’autre.
Le psychanalyste pratique la psychanalyse selon une formation et une orientation théorique spécifiques (freudienne, lacanienne, jungienne). Ce titre n’est pas un titre réglementé.
Ces nombreux titres et rôles viennent souvent complexifier le choix du professionnel.
Au-delà du titre du professionnel, je recommande surtout de s'intéresser à la formation, à l’expérience auprès des enfants ou des adolescents et à la manière dont le professionnel envisage l’accompagnement.
Cet article est pour moi l’occasion de revenir sur la pénurie de l’offre en santé mentale et tout particulièrement à destination des enfants et adolescents.
À Lyon comme dans de nombreuses villes, l’accès à certains professionnels de santé mentale peut être difficile et les délais d’attente parfois longs.
C’est pourquoi, dans ma pratique, j’ai de plus en plus l’habitude de travailler main dans la main avec le médecin traitant et le pédiatre lorsque cela est nécessaire, afin d’accompagner au mieux l’enfant et de recommander aux parents de ne pas hésiter à s’inscrire sur liste d’attente cela peut être long mais les praticiens sérieux rappellent toujours.
3) Vérifier que le professionnel a l’habitude de travailler avec des enfants ou des adolescents
Accompagner un enfant ou un adolescent n’est pas la même chose qu’accompagner un adulte.
Un enfant ne formule pas toujours clairement son mal-être. Il l’exprime à travers son corps, ses émotions ou son comportement. C’est une approche bien particulière de la thérapie.
Le dispositif en thérapie d’enfant doit prendre en compte le patient “enfant”, mais aussi son environnement familial et les relations dans lesquelles il évolue.
L’expérience du professionnel auprès de cette population est donc un élément important à prendre en compte. Savoir créer une alliance, aller au delà du symptôme et prendre le temps nécessaire sont des éléments qui me paraissent clés avec la pratique.
Dans ce sens, il peut être intéressant en tant que parent de demander lors d’un premier contact :
Avec quels âges avez-vous l’habitude de travailler ?
Comment se déroule une première consultation ?
Quelle place accordez-vous aux parents ?
Les séances se déroulent-elles avec l’enfant seul, avec les parents, ou alternativement ?
Comment accompagnez-vous un adolescent qui ne souhaite pas consulter ?
Ces questions permettent déjà de mieux comprendre le cadre proposé.
4) S’intéresser à l’approche du professionnel
L’approche du professionnel est sa façon de travailler, son cadre, son dispositif, et est propre à chaque professionnel.
Certains sont davantage centrés sur les pensées et les comportements, d’autres sur les émotions, les relations, l’histoire personnelle ou les conflits psychiques.
Il ne s’agit pas forcément de trouver « la meilleure méthode », mais plutôt de comprendre ce qui correspond à la situation de votre enfant.
Vous pouvez simplement demander : « Comment travaillez-vous avec les enfants et les adolescents ? »
Un professionnel devrait pouvoir vous expliquer son approche avec des mots accessibles et vous permettre de comprendre comment il envisage le travail thérapeutique.
Dans mon approche, par exemple, je m’appuie notamment sur la psychanalyse et l’Analyse Transactionnelle. Je considère qu’un enfant ou un adolescent ne se réduit jamais à la difficulté pour laquelle il consulte, que chaque enfant est unique.
J’adapte donc mon dispositif à l’âge du patient, à sa cellule familiale, à sa situation et à son environnement.
5) La relation avec le professionnel compte autant que la méthode
C’est probablement l’un des repères les plus importants.
Une psychothérapie repose sur une relation de confiance, ce que nous, thérapeutes, appelons l’alliance.
Pour qu’un enfant puisse parler, jouer, dessiner, questionner ou simplement être lui-même, il doit progressivement se sentir suffisamment en sécurité.
Cela peut prendre du temps.
Un premier rendez-vous ne permet donc pas toujours de savoir immédiatement si la personne sera « la bonne ». Il peut être nécessaire de laisser quelques séances à la relation pour se construire et pour entendre et comprendre la demande.
Chez l’enfant, cette question peut également passer par des signes très simples : accepte-t-il de revenir ? Se sent-il suffisamment à l’aise ? Peut-il être lui-même pendant les séances ?
Chez l’adolescent, la question de la confiance est souvent centrale. Il est important qu’il puisse progressivement sentir que l’espace qui lui est proposé est le sien.
Un adolescent n’a pas besoin d’être d’accord avec tout ce que ses parents pensent de sa situation pour pouvoir commencer une psychothérapie.
Il a surtout besoin de pouvoir trouver un espace où sa parole peut être entendue.
6) La place des parents est également importante
Lorsqu’un enfant consulte, les parents restent des acteurs essentiels de son environnement.
Pour autant, cela ne signifie pas que chaque séance doit nécessairement se dérouler avec eux.
Selon l’âge de l’enfant, la situation et les besoins, le cadre peut être différent : temps d’échange avec les parents, séances avec l’enfant seul, rencontres parents-enfant…
Il est donc intéressant de demander dès le début : « Quelle place les parents ont-ils dans votre accompagnement ? »
Cette question permet notamment de comprendre comment le professionnel articule le respect de l’espace de parole de l’enfant avec la nécessité de travailler avec ses parents.
Pour un adolescent, cette question peut être particulièrement importante. Il doit pouvoir disposer d’un espace suffisamment confidentiel pour parler librement, tout en sachant que ses parents restent impliqués dans son accompagnement.
7) Écouter aussi votre ressenti de parent
Enfin, il y a quelque chose qui ne se vérifie pas sur un diplôme ou sur un site Internet : le ressenti lors de la rencontre.
Avant même le premier rendez-vous, quelques minutes d’échange peuvent déjà vous donner des indications.
Le professionnel prend-il le temps de vous écouter ? Vous pose-t-il quelques questions sur votre enfant ? Vous explique-t-il son cadre ? Répond-il clairement à vos interrogations ?
Ce premier contact ne permet évidemment pas de savoir si la relation fonctionnera avec votre enfant, mais il peut déjà vous aider à sentir si vous êtes en confiance avec le professionnel.
Dans ce sens, je propose toujours un appel téléphonique lors de la prise d’un premier rendez-vous, ainsi qu’une première séance de rencontre avec les parents.
Et j’encourage les parents à se poser ces questions : Êtes-vous à l’aise ? Vous sentez-vous écouté ? Les explications vous paraissent-elles claires ? Vous sentez-vous respecté dans votre place de parent ?
Ces impressions ne remplacent évidemment pas les qualifications et l’expérience du professionnel. Mais elles peuvent constituer un repère précieux pour faire votre choix.
Il n’existe pas de professionnel parfait, mais une rencontre qui peut faire sens
Choisir un psy pour son enfant ou son adolescent peut donner l’impression qu’il faut prendre immédiatement la « bonne » décision.
En réalité, il s’agit davantage de trouver un professionnel suffisamment formé, expérimenté avec les enfants ou les adolescents, dont l’approche vous paraît cohérente et avec lequel une relation de confiance pourra progressivement se construire.
Et parfois, quelques rencontres suffisent pour savoir que la relation ne prend pas.
Ce n’est pas un échec.
Une psychothérapie est avant tout une rencontre. Et comme dans toute rencontre, elle ne fonctionne pas nécessairement de la même manière pour tout le monde.
L’essentiel est que votre enfant ou votre adolescent puisse trouver un espace où il se sente suffisamment en confiance pour se comprendre, ressentir, s’exprimer librement et progressivement trouver ses propres ressources.
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A retenir
Choisir un psy pour son enfant ou son adolescent, ce n’est pas seulement choisir une méthode ou un diplôme.
C’est aussi choisir un professionnel avec lequel une relation de confiance pourra se construire, dans un cadre adapté à l’âge et aux besoins du jeune.
Si vous vous interrogez sur la situation de votre enfant ou de votre adolescent et que vous souhaitez échanger avant d’envisager un accompagnement, n’hésitez pas à me contacter. Nous pourrons prendre le temps de voir ensemble si ma façon de travailler peut correspondre à votre situation ou si je peux vous adresser à un confrère, une consœur.
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👉 Pour aller plus loin, je vous recommande la lecture de ma page FAQ de mon site Internet qui répond à un grand nombre de questions :
- FAQ Cabinet Sophie Levesque Psychothérapie enfants & ados Lyon
🌐 Pour approfondir, je vous recommande l’écoute du podcast :
« Comment bien choisir son psy » du Mag de la vie quotidienne de France Inter.
Bien que ce podcast concerne les adultes, je le trouve intéressant car il amène à poser de bonnes questions et présente de façon claire l’évolution des titres des professionnels de santé mentale.
Ou la lecture de l’article suivant :
Comment bien choisir son psy ? 5 questions à se poser pour trouver le bon thérapeute du magazine Psychologies
Et du site Psycom, l’organisme public français qui informe, oriente et sensibilise sur la santé mentale :
Article rédigé par Sophie Levesque, psychopraticienne spécialisée dans la psychothérapie de l'enfant et de l'adolescent, cabinet à Lyon 4 (Croix-Rousse).
📍Cabinet de psychothérapie Enfants & Adolescents - Sophie Levesque - Lyon 4 Croix-Rousse
© Image de Vitaly Gariev @silverkblack fournie par Unsplash